Khaled Mohamed

Mon frère, l’ultime combat contre la mer

Mon frère cadet a perdu la vie en mars 2024 à bord d’une embarcation transportant des centaines de migrants clandestins de la Mauritanie à l’Espagne. Plus de deux mois après son voyage vers le ciel, l’ombre de mon « compagnon » ne me quitte pas.

Photo d’un bateau de migrants en mer / Crédit : geralt sur pixabay

Entre chien et loup, un vent frais caresse nos visages. Pendant qu’un silence monastique règne sur le village, nous affrontons l’air glacial de la saison froide. Les mains tremblotantes au guidon, mon frère garde l’équilibre sur la moto.

Malgré le sable qui provoque la secousse, l’engin serpente les ruelles étroites et tortueuses. Entre ma lourde valise, qu’il a mis devant, à même sur le réservoir, et moi qui porte un sac à dos, mon frère arrive aussitôt au garage sans frôler le moindre obstacle.

Depuis mon premier voyage vers Bamako, mon frère a pris pour habitude de vivre l’inoubliable moment. Celui où les regards s’entrecroisent et les aurevoirs perlent au confluent de l’aube et du jour naissant. Du dernier coup de paume de main agitée qui s’éloigne paresseusement, voyageurs et accompagnateurs se tournent le dos.

Les yeux dans le ciel

A la fleur de l’âge, mon frère a bravé l’Atlantique deux fois. L’un de leurs convois, allant vers l’Italie, s’égare avant de se retrouver sur la côte libyenne. L’autre se fait retourner par la marine marocaine à quelques mètres de l’Espagne. Mon frère sort à chaque fois vivant, mais malade et très fatigué du périple.

D’Oran à Alger, il est manœuvre sur des chantiers de construction de logements. Durant trois ans, mon frère assiste à des scènes de rapatriement mettant aux prises des forces de l’ordre algériennes et des sans-papiers subsahariens, mais parvient toujours à s’écarter du « danger ».

Pour son retour au pays, nous avons fait établir un acte de naissance lui permettant d’avoir le laissez-passer à l’ambassade et prendre un billet d’avion pour Bamako. Vendeur ambulant du prêt-à-porter (jeans et chemises pour jeunes garçons) au bercail, lui qui n’a pas pris pour option l’école suivra enfin une formation pratique en électricité.

Le certificat en poche, mon frère, qui parle et lit couramment le français, embrasse son nouveau métier dans la capitale. Mais face à l’insuffisance des revenus, la tentation de repartir par la mer finit par le posséder. Ne dit-on pas que les professionnels (électriciens, plombiers, jardiniers, carreleurs etc.) ont plus de chance pour décrocher un emploi rémunérateur en Europe que les universitaires de chez nous ? Mon frère ne me le dira jamais. Mais c’est sûrement l’une des raisons qui ont précipité son départ.

Oiseaux survolant la mer au coucher du soleil / Crédit : Mohammed Hassan sur pixabay

A notre dernière rencontre au village, en 2022, il avait tenté de cacher sa déception lorsqu’il m’a demandé quelle activité je mène en ville et combien je gagne. La mine serrée, les yeux dans le ciel, comme s’il comptait les étoiles qui brillaient sur nos têtes, il gardait le silence juste après ma surprenante réplique. Ces longues années d’études, jalonnées des difficultés et des défis dans son esprit, il a fallu que je change le sujet de conversation pour qu’il retrouve son souffle.

Naître, croître et partir

Son dernier voyage ? Mon frère ne m’en parle qu’à son arrivée à Nouadibou. Au téléphone, il m’avait confié que le seul motif de sa présence en Mauritanie est d’atteindre l’autre rive et qu’il avait juste besoin de LA PRIÈRE. La voix rassurée, le ton décidé, il était prêt à toiser le grand fleuve salé.

Naître, croître et partir. Pour ainsi dire que toute chose a une fin. Peu importe le temps ou les circonstances, l’inévitable destin qui nous guette nuit et jour aura raison de chacun. Avant de livrer son dernier combat, mon frère, ayant compris qu’il ne sert à rien de le fuir, avait triomphé à deux reprises.

Mon cher compagnon, la famille et moi continuons de prier pour que le Seigneur t’accorde un repos éternel. La meilleure des réussites est celle de l’au-delà. Nous sollicitons au Tout Puissant de te la gratifier.
Pensées pieuses à tous ceux qui te sont chers ainsi qu’à d’autres victimes. Qu’Allah nous donne la patience, la force et l’endurance de supporter les épreuves de la vie. Amine !

Khaled Mohamed


Éliminatoires mondial 2026 : les Aigles en mode rétrograde

Mardi 11 juin 2024, dans le cadre de leur rencontre à l’extérieur délocalisée à Johannesburg (Afrique du Sud), comptant pour la 4e journée des éliminatoires, les Aigles du Mali ont été raccrochés par les Barea du Madagascar (0-0). Troisième d’affilée, la désillusion fait éloigner le ticket de qualification pour la coupe du monde 2026.

Femafoot Via Facebook / CAN 2023

Centrafrique (1-1, décembre 2023), Côte d’Ivoire (1-2, février 2024) et Ghana (1-2, juin 2024), l’histoire n’a de cesse bagayé. A l’entame, ce sont les Maliens qui malmènent et prennent l’avantage, mais à l’arrivée, l’adversaire du jour renverse la vapeur dans le temps additionnel.

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Quelques jours après la claque des Black stars à Bamako, les Aigles n’ont pas pu faire bouger les lignes face aux Barea qui pourtant sont réduits à 10 dès la 16e minute de jeu. A seulement quatre journées, le rêve mondialiste semble prendre une tournure défavorable dans les vestiaires verts, jaunes et blancs (couleurs de leurs uniformes arborées par les supporters).

Quatrième place

A l’ouverture de cette campagne, les pensionnaires de Kabala avaient réalisé un baptême de feu en étrillant le Tchad (3-1) au stade du 26 mars de Bamako. Insatiables en 1ere journée, les Aigles seront mis en échec le match suivant par la Centrafrique (1-1) à Bamako. En raison de manque de stade homologué par la FIFA en République centrafricaine, les Aigles avaient eu l’avantage de jouer ce match de l’extérieur à la maison. Hélas !

Séance d’entraînement des Aigles à Kalaba juin 2024 / Femafoot via Facebook

Le fossé se creuse davantage en 3e journée suite au revers face au Ghana (1-2). Grâce à leur succès, arraché dans les arrêts de jeu, à Bamako et leur récente victoire à domicile sur les Fauves centrafricains (4-3), les Black stars ont rebondi de la 3e à la 2e place du groupe I.
Le pays d’Abedi Pélé partage le même nombre de points avec la surprenante équipe des Comores (9), qui caracole en tête. Loin derrière les Black stars, les Aigles (4e avec 5 points) talonnent le Madagascar (3e avec 7 points) et dépassent la Centrafrique (5e avec 4 points) et le Tchad (dernier avec 0 point).


Redresser la barre

Creuset des jeunes prodiges, comme Kamory Doumbia (auteur du meilleur but de la saison en Ligue 1 française où son club, le Stade brestois, a terminé 3e) et El Bilal Touré (vainqueur de l’Europa league avec le club italien Atalanta de Bergame), le Mali force l’admiration sur la scène internationale. Dans le dernier classement FIFA, l’équipe fait figure dans le top 10 africain.

Femafoot Via Facebook / Kamory Doumbia élu Homme du match Tunisie-Mali CAN 2023

Alorsque des critiques fusent contre les dirigeants concernant le problème d’avion lors du déplacement à Johannesburg, la Femafoot a décidé, ce jeudi 13 juin, de limoger l’entraîneur Éric Sekou Chelle. L’ancien défenseur des Aigles avait pris la tête de l’équipe nationale senior en mai 2022. Sur une vingtaine de rencontres disputées, seuls la Gambie, la Côte d’Ivoire et le Ghana ont réussi à s’imposer aux siens.

Femafoot via Facebook

Pour redresser la barre, le capitaine Hamari Traoré et ses coéquipiers doivent impérativement prendre la tête de la poule I. Grandissime défi à relever avant le dernier sprint qui opposera une vingtaine de nations (leaders de poules) du continent. Seuls les vainqueurs de ces duels représenteront l’Afrique à la coupe du monde 2026 qui se tiendra aux États-Unis, au Canada et au Mexique.

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En attendant la 5e journée de ces éliminatoires contre les Comores, prévue pour mars 2025, l’équation mondialiste se complique pour les Aigles. Encore faudra-t-il attendre des mois pour savoir si le pays de Salif Keita (1er Ballon d’or africain) paviendra à s’offrir, ou pas, un premier ticket pour le plus grand rendez-vous planétaire du sport-roi.


Au Mali, des dirigeants politiques pris à leur propre piège

Coups d’État, turbulences politiques, sous-développement..la Démocratie malienne vacille depuis des décennies. Entre un pouvoir militaire tirant le diable par la queue et des politiques aux abois, le choix du peuple n’est pas souvent simple.

Au centre, Assimi Goïta, président du Comité national pour le salut du peuple (CNSP) / Kassim Traoré VOA by wikicommons

L’âne ouvrit son journal et y écrivit : “Je ne sais pas combien de temps s’est écoulé depuis le départ du lion. Mais à la fin de ma vie, je suis parvenu à une conviction profonde : bien qu’elle soit dure et douloureuse, la dictature du lion est préférable à la liberté des singes et des chiens. Il ne nous asservissait pas, mais nous protégeait des singes qui vendraient la moitié de la forêt pour des bananes, et des chiens qui échangeraient l’autre moitié contre des os.”

Cette célèbre fable tranche bien avec le silence assourdissant des populations maliennes qui souffrent de la vie chère, du chômage et des délestages électriques.

Une instabilité chronique

Avec cinq coups d’État au compteur, dont 23 années d’un régime militaire ininterrompu, le Mali est un pôle d’instabilité. Sous développement, insuffisance d’infrastructures, manque d’équipements militaires..le rôle de la kakistosphère n’est pas des moindres dans la « descente aux enfers ».

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L’amer constat est que les hommes en treillis tirent leurs marrons du feu de désordre créé par une certaine ruecratie pour faire irruption sur la scène. En 1991, le départ du GMT (Général Moussa Traoré) a nourri les espoirs. L’ère de la démocratie pluraliste, qui s’ouvrira, ne sera pas un long fleuve tranquille. Des manifestations intempestives qui surchauffent le climat social, seul le président Alpha Oumar Konaré ne sera pas évincé par des militaires.

Lorsque le président Ibrahim Boubacar Keita rend le tablier en août 2020, des figures du Mouvement du 5 juin, bénéficiant des portefeuilles au gouvernement et au CNT (Conseil national de transition), rebattent les cartes avec les Colonels. Une partie a grossi les rangs de l’opposition. Quitte à reprendre plus tard le Navire Malikoura (Mali nouveau), pendant que d’autres débarquent.

Nettoyer les écuries

Sous certains cieux, l’alternance consiste à écorner les « anges » d’hier pour légitimer « les diables » d’aujourd’hui. De l’amour au désamour, des dirigeants politiques sont pris à leur propre piège. La plupart sont mis à l’écart de la « mangeoire ».

Dans un contexte de quiproquo mêlant des politiques aux abois et des militaires frisant l’indeboulonnable, les rallonges sans fin inquiètent peu de citoyens. Au regard du déséquilibre entre les promesses et les bilans des dernières décennies, le « bétail électoral », qui croyait à la « magie » du bulletin de vote, n’est plus sensible aux équations politiciennes. Nombreux sont ceux qui préfèrent naviguer en eaux troubles.

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Kidal reconquis : Assimi Goïta redore le « treillis »

Auréolé de la montée en puissance des FAMa et de la libération de Kidal, depuis le 14 novembre 2023, le Colonel Assimi Goïta peut profiter de sa popularité pour nettoyer davantage les écuries. Entendu la rupture avec les habitudes malsaines de l’Administration et le recouvrement de la souveraineté économique et militaire pour ne pas revenir à la case de départ.


Frontière Mali-Mauritanie : les FAMa, comme le poisson dans l’eau

Dans la région de Kayes, les Forces armées maliennes (FAMa) intensifient des patrouilles à la frontière avec la Mauritanie.

Près d’un mois après la neutralisation du terroriste Abou Houzeifa dans la localité de Kidal par les FAMa, le moral est à son comble à la frontière Mali-Mauritanie. Des drones dans les airs, des convois de troupes armés à pieds et à bord des pick up…les patrouilles militaires se poursuivent dans un climat de quiétude à Yelimané.

« Incursions militaires »

Selon des sources locales, des centaines d’individus armés ont été surpris en mars dernier dans ladite zone par des frappes aériennes FAMa. À moto, la plupart des terroristes ont été neutralisés sur-le-champ. Les autres ont pris la tangente en se dirigeant vers la Mauritanie. Quelques jours après cette opération, Nouakchott dénoncera des « incursions militaires » dans son territoire. C’était le début des hostilités.

Crédit : Page Facebook Forces armées maliennes

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Pendant ce temps, les populations civiles vaquent, comme toujours, à leurs occupations. Entre les deux territoires, le commerce transfrontalier poursuit son cours normal. Loin des délestages électriques quotidiens de Bamako, les prix des fruits et légumes sont en baisse. Quitte à constater une hausse du pouvoir d’achat dans les petits marchés et foires de la place.

Partageant plus de 2 000 kilomètres avec le Mali, la Mauritanie est un partenaire pas comme les autres. Au lendemain du coup d’État de 2021, elle était avec la Guinée Conakry les seuls deux voisines à garder leur frontière ouverte avec le pays d’Assimi Goïta lorsque d’autres, notamment ceux de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), ont décidé de fermer les leurs. Au cours de cette période, l’austérité n’a pas eu le même effet dans cette zone maliano-mauritanienne que dans d’autres zones.

Dénouement heureux

Depuis l’annonce du retrait de la base militaire américaine du Niger, le nom de la Mauritanie est plusieurs fois cité dans les médias comme une nouvelle destination pour les US Forces. D’autres laissent planer un nouveau front entre Moscou et Washington, après celui de l’Ukraine. La Russie étant le premier partenaire militaire du Mali.

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Vœux pieux, le contexte électoral qui profile à l’horizon en Mauritanie n’est pas propice pour un tel scénario. Passées des semaines de malentendu, Bamako et Nouakchott ont enfin amorcé un dénouement heureux à la faveur d’une rencontre des chefs d’état major des armées des deux pays le 9 mai dernier. Au grand dam des populations frontalières qui aspirent un air de stabilité.


Mamadou Lamine Dramé : une légende ne meurt jamais

Plus connu au Mali, au Sénégal et en Gambie, l’illustre érudit est une figure emblématique de la résistance Soninké face aux colons.

Image : Soninkara.com

Selon la tradition orale et plusieurs historiens, Cheickh Mamadou Lamine Dramé est fils d’un maître coranique qui porte le même prénom. L’illustre résistant serait né vers 1830 à Goundiourou, village situé à moins d’une dizaine de kilomètres de la ville de Kayes (chef-lieu de la première région administrative du Mali, où un camp militaire porte son nom).
Dans cette contrée fortement influencée par la culture islamique, nombreux sont des enfants surdoués qui mémorisent tout le Coran avant même l’âge adulte. Le résistant en était l’un de ces saints prématurés.

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Comme pour respecter la tradition du terroir, le jeune prodige est envoyé à Bakel (dans l’actuel Sénégal) pour poursuivre sa socialisation et sa formation religieuse. Dans cette ville qui abrite un fort français, le jeune talibé sera impressionné par le courage du conquérant El Hadj Oumar Tall, qui prêche, de son passage, une lutte armée contre les nouveaux occupants.

De l’ambition à l’ascension


Son cursus scolaire terminé, il part au Fouta, terroir de son mentor El Hadj Oumar. Au pays toucouleur, le jeune adulte se perfectionne auprès d’autres maîtres coraniques et fait fortune dans le commerce. Celui qui consacre sa vie à l’Islam entreprend d’effectuer un pèlerinage à la Mecque.

La plupart des rois et chefs locaux (y compris dans sa région natale), espérant conserver leur trône, avaient déjà signé des traités avec les français


Sur le chemin de la ville sainte, le Cheickh traverse le Soudan français (partie des actuels Mali et Burkina Faso), le Tchad et le Maghreb. Sillonnant les localités, il témoigne du calvaire des populations sous le joug des colons qui s’y installent peu à peu (saccage des villages, paiement d’impôts, travaux forcés etc.)

Image d’illustration : Depositphotos


Le pèlerinage accompli, l’érudit fit un séjour au Moyen-Orient où il s’imprègne davantage de la religion musulmane et des civilisations orientales et occidentales. De retour au Soudan français, le prédicateur sera arrêté par le fils d’El Hadji Oumar, Ahmadou Tall, qui régnait à Ségou (pour avoir dénoncé l’instrumentalisation de la religion). Il sera relaxé par le frère de ce dernier (Madani).


Charismatique et très critique envers le système colonial, sa popularité montante attire l’attention d’autres ennemis. En effet, la plupart des rois et chefs locaux (y compris dans sa région natale), espérant conserver leur trône, avaient déjà signé des traités avec les français.

Image d’illustration : Depositphotos

Des injonctions du commandant français qui exige que le nombre du cortège du marabout ne dépasse pas 50 personnes, l’affrontement était inévitable. Après plusieurs victoires de ses troupes, les français et leurs alliés (disposant des canons et des fusils modernes) renversent la tendance à Bakel. Malgré le retournement de situation, le Cheickh poursuit sa résistance vers la frontière entre le Sénégal et la Gambie, où il succombe de ses blessures lors d’une bataille.


Ils seront évincés, assassinés.. loin des délices de leurs palais royaux

Son fils ainé, Chouaïbou, sera défendu dans le tata de Gory. Malgré la destruction de ce royaume, l’héritier du marabout ne sera pas livré à l’armée d’Ahmadou Tall qui a mené cette « chasse aux sorcières ». Chouaïbou sera arrêté plus tard par les tirailleurs dans le Guidimakha, jugé et fusillé devant la cour martiale.


Entre temps, les colons se retournent contre Ahmadou Tall. Devenu une proie pour ses alliés, le fils ainé d’El Hadj Oumar trouvera réfuge à Sokoto (Nigeria), où il passera le reste de sa vie en exil. Même destin pour Moussa Molo Baldé (qui aurait promis de livrer le résistant vivant aux français), le roi du Fouladou qui mourra en Gambie.

Indomptables Soudanais


Farouche résistant à l’invasion coloniale, l’homme de Dieu a affronté la chaleur et le froid en quête du savoir. Face au bruit des canons et la fumée des fusils, le redoutale guerrier meurt libre, les armes à la main, sans être capturé. Lui qui n’a jamais signé de traité avec l’envahisseur ne voyait-il pas déjà l’émergence d’une sempiternelle domination culturelle et politique qui pointait à l’horizon ?

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Sa tragique disparition marque le debut de la déchéance de plusieurs dirigeants. La plupart seront évincés, assassinés.. loin des délices de leurs palais royaux pendant que les populations endurent les corvées, les travaux forcés et les recrutements massifs des bras valides dans les corps armés et des enfants dans les écoles.

Crédit : Joannès Barbier « Tam-tam à Bakel en l’honneur de la prise de Nioro » scène de 1891 via Wikicommons


Qu’à cela ne tienne, d’autres soulèvements verront le jour au Soudan français. Après les batailles de Mamadou Lamine Dramé (considérées par certains comme islamistes), les révoltes Bamanan, Bobo et autres vont émailler les quelques décennies de la pénétration française. Indomptables, les Soudanais ne cessent de manifester leur insoumission jusqu’au 20 janvier 1962, date à laquelle le dernier soldat français quitte le territoire du jeune État malien.

En terre Soninké, la victoire des armes modernes est loin d’être celle des mentalités. Envers et contre tout, la floraison des écoles coraniques puis des medersa au détriment des écoles publiques (de langues européennes) est une véritable résilience. Une légende ne meurt jamais !

Khaled


Suspension des activités politiques : quid le dialogue inter-malien ?

Crédit : Wikicommons

A quelques jours de l’ouverture solennelle de la phase régionale du dialogue inter-malien , les activités des partis et associations politiques sont suspendues. Quelles conséquences ?

Pendant que les FAMa (Forces armées maliennes) traquent les terroristes à quelques dizaines de kilomètres de la ville garnison de Kati (environ 15 km de Bamako, où réside le président colonel Assimi Goïta), la « guerre » contre l’obscurité est loin d’être gagnée par l’EDM (Énergie du Mali) et sa clientèle (populations).
Hausse des prix de denrées de première nécessité, chômage des jeunes (avec le départ des ONG), bipolarisation de la société malienne, les « Patriotes » (soutiens du pouvoir militaire) d’un côté et ceux qui ne partagent pas leur vision de l’autre, la saison de forte chaleur ne semble pas bien indiquée pour réveiller les Démons de la désunion.

Période de dissolution


Alorsque le dialogue inter-malien est sur toutes les lèvres, une nouvelle décision divise l’opinion malienne. Dans un communiqué rendu public mercredi 10 avril, le gouvernement de la Transition a annoncé la « suspension des activités des partis politiques et des activités à caractère politique des associations jusqu’à nouvel ordre pour raison d’ordre public », comme l’indique le ministère de l’Administration territoriale.

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Cette décision intervient dans un contexte de dissolution de mouvements et associations politiques de l’opposition dans le pays. En plus de l’interdiction de la Coordination des mouvements, associations et sympathisants de l’imam Mahmoud Dicko (CMAS), l’Association des élèves et étudiants du Mali (AEEM) a été dissoute il y a quelques semaines de cela.


Déclaration du regroupement des partis politiques


HAC / Maison de la Presse

Le 31 mars dernier, des dizaines de partis politiques, réunis au sein d’un regroupement, ont rappelé la fin de la période transitoire. En cause, les autorités s’étaient engagé à tout mettre en œuvre pour organiser les élections présidentielles avant cette date.


Il faut rappeler que la Transition a débuté à la suite du coup d’État d’août 2020 sur une période de 18 mois. Quelques mois après l’arrivée du colonel Assimi Goïta au pouvoir en mai 2021, cette période a été prolongée de 24 mois, en application des recommandations des Assises nationales de refondation (ANR), tenues en décembre 2021.

Décret portant durée de la transition

Outre la scène politique, la décision a suscité du quiproquo entre deux institutions de Presse locales. Quelques heures après l’annonce du gouvernement, la Haute autorité de la communication (HAC) a appelé les professionnels de l’information à ne plus couvrir les activités des partis et associations politiques.

Une pullule amère qui a poussé la Maison de la Presse à une réaction vigoureuse. Dénonçant une position sans « fondement juridique », la Maison de la Presse « invite les médias à rester debouts, unis et mobilisés pour la défense du droit du citoyen à l’information », peut-on lire dans le communiqué de l’organisme.

Acteurs majeurs


Soutenant la suspension des activités politiques, le ministre de l’Administration territoriale, colonel Abdoulaye Maïga, a estimé que celle-ci consiste à éviter des agissements pouvant perturber le dialogue. « Cette mesure n’a rien à voir avec une dissolution [..] c’est une action judiciaire qui entraine une dissolution », a-t-il précisé.

Après les concertations nationales de 2020 et les Assises nationales de refondation de 2021, le dialogue inter-malien sera le troisième forum national en quatre années de pouvoir militaire. Sans compter le Dialogue national inclusif (DNI), initié quelques mois par le pouvoir IBK avant le premier coup d’État.

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En froid avec les partenaires occidentaux et des poids lourds de la région, comme la Côte d’Ivoire et l’Algérie, les colonels de Kati ne sont pas en bons termes avec les groupes armés signataires de l’Accord d’Alger. Il aurait donc fallu jouer la carte de la société civile et surtout celle de la classe politique pour bénéficier d’une stabilité interne et trouver des solutions communes aux défis du moment.


Acteurs majeurs de la gouvernance au Mali, les partis et associations politiques jouent un rôle essentiel lors des dialogues et débats nationaux. En 2023, durant les campagnes et élections référendaires, ils étaient nombreux à mobiliser les citoyens à remplir leur devoir civique.


Ras Bath, l’éternel retour en cellule

Initialement prévu pour le 5 mars dernier, le délibéré de l’activiste Mohamed Youssouf Bathily alias Ras Bath est reporté au 11 mars 2024 à la Cour d’appel de Bamako.

Image d’illustration / Irmeyasom via Iwaria

Derrière les barreaux, le 13 mars 2023, date à laquelle il a été poursuivi pour « simulation d’infraction », après s’être prononcé sur la mort de l’ancien premier ministre Soumeylou Boubèye Maïga, l’animateur de l’émission « Grands dossiers » a été acquitté par la justice le 11 juillet de la même année. Le même jour, le chroniqueur a été reproché d’« atteinte au crédit de l’État ».
En janvier 2024, un juge a ordonné sa libération. Mais le procureur Idrissa Hamidou Touré a fait un pourvoi, prolongeant ainsi son séjour à la prison centrale de Koulikoro (située à plusieurs dizaines de kilomètres de la capitale.)

De IBK à Assimi


Plus célèbre sous le pseudonyme Ras Bath, Mohamed Youssouf Bathily est reconnu comme un influenceur de taille au Mali. En effet, le Rasta s’était forgé une large audience au début des années 2010.

Étudiant en droit à Dakar, il s’inspire du Mouvement Y’en a marre du Sénégal pour mener son activisme au bercail. Polémiste pour certains, ses ras-le-bol sont en partie dédiés aux couches les plus vulnérables de la société (comme les jeunes, les ruraux, les modestes citadins.)
Ses premières émissions radiophoniques et vidéos, ayant fait le tour de la toile, ont atteint les quatre coins du pays. Devant ses followers, il ne manque pas d’occasion pour dénoncer la mauvaise gestion dans l’Administration publique.

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Quelques mois avant les élections présidentielles de 2018, le porte-parole de l’association CDR (Collectif pour la Défense de la République) appelle les électeurs à empêcher une seconde victoire pour le président sortant Ibrahim Boubacar Keita dans les urnes. Malgré le soutien du plus célèbre des videomen au chef de file de l’opposition (Soumaïla Cissé), IBK sera réélu à sa succession.
En 2020, Ras Bath ne participe pas aux manifestations du M5-RFP. Ne partageant pas la vision de ceux qui voulaient la démission du président, il n’hésite pas à monter au créneau pour dénoncer le coup de force du 18 août. D’opposant au système Ibrahim Boubacar Keita, le « Guide » du CDR en découdra avec celui du colonel Assimi Goïta.

Kassim Traoré (VOA) via Wikicommons / IBK vote à Bamako le 29 juillet 2018

Entre la radio et la prison


Au cours de la magistrature du défunt président, le passionné du reggae a bénéficié du soutien de ses nombreux fans qui envahissent les rues lors de ses procès. Depuis l’avènement de la transition, l’activiste a séjourné en prison à plusieurs reprises.

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Arrêté, dans l’affaire de « tentative de déstabilisation des institutions », il sera libéré le 19 avril 2021 sur une décision de justice qui a mis un terme aux poursuites contre les personnes citées (dont l’ancien premier ministre Boubou Cissé) dans ledit dossier.
En mai de la même année, le chroniqueur sera de nouveau en taule pour « outrage à magistrat » à la suite d’une plainte de deux syndicats de magistrats. En cause, des propos tenus à l’encontre de ces derniers au cours de son émission. Recouvrant sa liberté, Ras Bath avait déjà commencé à dépoussiérer ses « Grands dossiers » à la radio, à moins d’un an avant la mort de l’ancien premier ministre.


Lutte contre le terrorisme : Maliens et Russes à pied d’œuvre

Assimi Goïta, le président du Mali rencontre le président russe Vladimir Poutine fin juillet 2023 via Wikicommons

Dans la journée du mercredi 28 février 2024, le ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale, Abdoulaye Diop, et son collègue de la Défense, Colonel Sadio Camara, ont pris part à une rencontre bilatérale avec le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, à Moscou. L’occasion pour les autorités maliennes de saluer la redynamisation des relations entre les deux pays et surtout les succès des Forces armées maliennes (FAMa) sur le terrain.


« Une des illustrations les plus emblématiques des liens qui existent entre la Russie et le Mali est le succès emporté sur le terrain pour permettre au Mali d’exercer sa souveraineté entière et de bénéficier de l’intégrité de son territoire », se réjouit Abdoulaye Diop. Déclaration faite au cours du point presse organisé au cours de la visite.

Le président de la Douma d’Etat a rencontré le président du Conseil national de transition de la République du Mali, Malick Diaw. VIA Wikicommons

« Soutiens mutuels »

Saluant le renforcement des relations stratégiques et économiques des deux pays, le chef de la diplomatie malienne a exprimé sa reconnaissance envers la Fédération de Russie pour le soutien dans les instances internationales, notamment dans le cadre de la demande du Mali pour le retrait de la Minusma (Mission intégrée des Nations unies au Mali) et la levée des sanctions. « Je voudrais apprécier la lucidité de la Russie par rapport à l’attention qu’elle a accordé à l’intérêt des pays avec lesquels elle a une coopération, l’intérêt des populations, le choix politique de se gouverner eux-mêmes », a-t-il constaté.

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Selon le chef de la diplomatie malienne, « les soutiens mutuels » des deux États sont fondés sur le partage d’un certain nombre de valeurs. Il s’agit, entre autres, de la non ingérence dans les affaires des autres pays, le respect des choix politiques et la non instrumentalisation du droit de l’homme dans les institutions internationales et sous-régionales.


Outre la coopération avec Moscou, Abdoulaye Diop a souligné la nécessité de la création de l’Alliance des États du Sahel (réunissant le Mali, le Niger et le Burkina Faso) pour relever les défis de la région. « Je pense que c’est ce qui est important aujourd’hui à retenir dans le cadre de l’Alliance des États du Sahel, assure-t-il. Nous travaillons pour réaliser ce que nous n’avons pas pu réaliser dans le cadre de la CEDEAO ».

Au Mali, le gouvernement a reçu mardi de nouveaux avions de combats qui viennent renforcer sa flotte aérienne dans la lutte contre le terrorisme. Récit dans la presse via Wikicommons

Montée en puissance des FAMa

Revenant sur le retrait du Mali de la CEDEAO, le ministre des Affaires étrangères a estimé l’organisation comme un « instrument de puissances étrangères ». Il s’agit de « certaines puissances qui cherchent à créer des désordres dans notre région et qui cherchent à utiliser nos institutions pour pouvoir créer des problèmes », a-t-il ajouté.

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Cette visite du ministre des Affaires étrangères et son collègue de la Défense dans la capitale russe intervient dans un contexte de redynamisation des relations entre les deux pays. Une nouvelle ère marquée par la montée en puissance des Forces maliennes de défense et de sécurité.
Trois mois après l’entrée triomphale des FAMa dans la mythique ville de Kidal, l’armée malienne aspire un nouveau souffle. Des attaques terroristes récurrentes qui visent les paisibles paysans et les camps militaires, elles ne font face qu’aux embuscades sporadiques des groupuscules en débandade.


Dougou bé kak ! (L’heure est grave !)

Crédit : La capitale du Mali, vue depuis les collines qui l’entourent, mai 2007 / https://www.flickr.com/photos/gigawebs/ via wikicommons,

Depuis plusieurs jours, l’annulation des évaluations du concours d’entrée dans la Fonction publique, déroulé en décembre 2023, défraie la chronique au Mali . La surprenante décision intervient dans un contexte de vie chère.

« Bamako n’est pas Conakry ! » Les citadins de la capitale malienne vivent littéralement dans le noir. Des délestages intempestifs qui durent des heures, l’électricité a pris ses bagages dans plusieurs quartiers depuis trois jours. Pour les menuisiers, couturiers, informaticiens… le chômage technique est devenu épidémique.

Annonces dans l’obscurité

Souffrant le martyr d’un nationalisme déguisé, avec son corollaire de promesses paradisiaques, le citoyen lambda broie du noir au quotidien. Les prix des denrées et de l’essence montent en puissance jour après jour sur le marché. Dougou bé kak ! (L’heure est grave en bambara).

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Après le feuilleton de l’Énergie du Mali, révélé par la ministre en charge de l’Energie, c’est le tour de son collègue de la Fonction publique d’annuler le concours de recrutement de décembre 2023. Annonce faite dans la soirée du 5 février 2024, sur l’ORTM, la télévision nationale.


Pendant que la majeure partie de la capitale est plongée dans l’obscurité, le communiqué fait état de découverte des actions de fraude lors des évaluations. Même si aucune date n’a pas été précisée dans ledit document, le ministre rassure « les candidats qu’un nouveau concours sera organisé ».

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Trop c’est trop !

Au moment où les anciens dignitaires du pouvoir déchu sont accusés de corruption et atteinte aux biens publics, emprisonnés et contraints à l’exil, nous assistons à des scénarios inimaginables. Les fraudes constatées lors du concours de la Fonction publique rallongent la liste des cas de mauvaise gestion dans la sphère publique. Des nombreuses questions restent cependant en suspens : qui sont les auteurs de ces fraudes ? Comment ont-elles été découvertes ? Qu’en est-il des mesures de surveillance et de sécurisation…

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Depuis un certain temps, les discours patriotiques ne tiennent plus la route. L’échec de la récente manifestation de soutien à l’AES (Alliance des Etats du Sahel, réunissant le Mali, le Burkina Faso et le Niger) n’est-il pas une parfaite illustration ? La morosité ambiante qui a régné dans les rues de la capitale en est un signal fort. Haké bé fali kou sama la ! (Trop c’est trop !).


CAN 2023 : le dernier combat des Aigles

Crédit : Femafoot Via Facebook / Sikou Niakhate lors du Mali Burkina Faso CAN 2023

La 34e Coupe d’Afrique des nations est terminée pour les Aigles du Mali ce samedi 3 février 2024 au stade de la paix de Bouaké. Les Hommes d’Éric Chelle se sont inclinés aux quarts de finale (1-2), devant les Eléphants de la Côte d’Ivoire, les armes à la main.

Une CAN dans la CAN, le duel Mali-Côte d’Ivoire avait fait couler beaucoup d’encres et de salives ces derniers jours. Pour les Maliens, c’était l’occasion de briser le signe indien face à un adversaire redoutable. Pour les Ivoiriens, il s’agissait de maintenir la confiance retrouvée avec leur public après une phase de poules difficile.

La douleur avant la victoire


Dans un stade plein à craquer, les Aigles ont livré une lutte acharnée à leurs hôtes. Face à une longue domination malienne, les Ivoiriens ne réussissent leur premier tir cadré qu’à la demi-heure du jeu.
Entre-temps, les Aigles sont récompensés d’un penalty dans le quart d’heure. Le portier Yahya Fofana repousse le tir mal maîtrisé d’Adama Traoré Noss.

A la 42e minute, le défenseur Ivoirien, Odilon Kossonou, est expulsé pour avoir terrassé Lassine Sinayoko aux abords la surface. La réduction à 10 des Ivoiriens a beau être profitable, le score reste vierge jusqu’à la fin de la première période. De retour des vestiaires, les hommes d’Éric Chelle, toujours menaçants, ne concretisent pas leurs occasions.

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A la 71e minute , le nouvel entrant Néné Dorgelès profite d’une passe non loin des 18 mètres pour lancer le ballon dans la lucarne. Du tir chirurgical à la Messi, la défense ivoirienne ne peut que constater le mouvement du filet.
A peine 20 minutes, les Eléphants retrouvent leur souffle. Avec l’entrée d’Oumar Diakité, qui galvanise ses coéquipiers, ils reviennent au score à la 90e minute, grâce à un but d’Adingra. Ils tiennent les Maliens en échec jusqu’à la fin des prolongations.

Crédit : page Afcon via Facebook


La délivrance ivoirienne viendra dans la seule minute du temps additionnel. Héro de la soirée, Diakité, d’une talonnade fait balancer le filet malien et amène les siens à la « Terre promise ». Après avoir reçu un deuxième carton jaune, pour avoir enlevé son maillot en célébrant le but, il ne jouera pas la demi-finale.

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Palmarès Mali-Côte d’Ivoire


Comme en 2019, les Eléphants réussissent à perpetuer la légende dans le derby ouest-africain. Sur 6 confrontations, ils comptabilisent désormais 5 victoires sur les Aigles contre un seul nul lors de la CAN.
Si les Aigles avaient remporté le tout premier duel en s’imposant (4-0) en 1962, les Ivoiriens les depassent sur l’ensemble des confrontations. Les hôtes de la 34e CAN enregistrent 26 victoires et 10 matchs nuls contre seulement 4 défaites sur 40 confrontations.
Après avoir stoppé les Aigles dans leur envol vers le sacre continental, le pays organisateur croisera le fer avec les Léopards de la R.D Congo qui ont éliminé (3-1) dans la soirée du vendredi le Syli national de Guinée. Reste à savoir s’ils parviendront à franchir enfin ce dernier carré.
Quant aux Aigles, ils quittent la 34e Coupe d’Afrique au bout d’une belle aventure. Qualifiée avec brio à leur 9e CAN d’affilée, ils ont validé leur ticket de qualification à la phase à élimination directe en tant que premiers de la poule E, devant l’Afrique du Sud (demi-finaliste), la Namibie (8e de finaliste) et la Tunisie.

Au-delà des émotions, le sélectionneur Malien, Éric Sékou Chelle, a salué la prestation de ses jeunes joueurs à la fin du match. « On a perdu pied sur les 5 dernières minutes. Au niveau de la qualité de jeu, je pense que dans le monde entier il n’y a pas beaucoup capable de faire ce qu’on a fait [..] Cette génération (d’Aigles ndr) a énormément de qualité. », a-t-il apprécié.