Khaled Mohamed

Mali-Côte d’Ivoire : les Aigles en mission revanche

Au centre de la Côte d’Ivoire, le stade de la paix de Bouaké accueille ce samedi 3 février 2024, le derby ouest-africain. Pour une place en demi-finale de la 34e Coupe d’Afrique des nations, l’équipe malienne doit impérativement prendre sa revanche sur une adversaire qu’elle n’a jamais battue à la CAN.

Credit : Femafoot Via Facebook/ l’attaquant malien Lassine Sinayoko célèbre son but Mali Burkina Faso CAN 2023

Sur 5 rencontres disputées, le pays de Salif Keita ne s’est jamais imposé à son voisin lors de la coupe d’Afrique des nations. Battus en 1994 (match de 3e place), en 2008 (phase de poules), en 2012 (demi-finale) et en 2019 (8e de finale), la meilleure performance des Aigles remonte à la CAN Guinée équatoriale 2015, match nul (1-1), lors de la 2e journée de la phase de poules.

Crédit : Femafoot Via Facebook / l’entraineur Éric Sékou Chelle lors de la rencontre Mali Burkina Faso CAN 2023

« Bête noire » des pays organisateurs


En s’imposant aux Etalons du Burkina Faso (2-1) en 8e de finale, les Aigles du Mali signent leur retour aux quarts de finales depuis 2013 où ils avaient terminé 3e. Après les déroutes de 2019 et de 2022, l’équipe malienne poursuit une belle aventure depuis l’arrivée du sélectionneur Éric Sékou Chelle à sa tête.

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Finalistes malheureux lors de leur première participation (1972), deux fois 3e (2012 et 2013) et plusieurs fois demi-finalistes, les Aigles qui comptent 13 participations à la CAN, la 9e d’affilée, n’ont jamais été éliminés par un pays organisateur de la compétition. Ils ont dominé tour à tour la Tunisie, le Gabon et l’Afrique du Sud.

Une rencontre électrique


Victorieux des sénégalais (1-1, 5-4 t.a.b) lors de la 8e de finale, les Ivoiriens, quant à eux, aspirent un nouveau souffle. En se rachetant du revers subi face à la Guinée équatoriale (0-4), les hommes d’Emerse Faé (sélectionneur adjoint qui a pris le relais) ont ressuscité la confiance dans les gradins oranges.

Crédit : Femafoot Via Facebook

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Si le début de la compétition était difficile pour les Eléphants (qualifié en 8e de finale en tant que 4e meilleurs 3e), ce n’est pas le cas pour les Aigles, premiers de la poule E, devant l’Afrique du Sud, la Namibie et la Tunisie. Avec seulement deux buts encaissés, l’équipe malienne n’a plus qu’à confirmer son efficacité face à une Côte d’Ivoire qui renaît de ses cendres.
Au regard des dernières prestations des deux équipes, le derby ouest-africain s’annonce déjà électrique. A l’assaut des Eléphants blessés, en quête d’une troisième étoile, d’ambitieux Aigles en mission revanche. Une rencontre mémorable plane dans le ciel de Bouaké.


CAN 2023 : pas de vainqueur dans le duel des Aigles

Crédit : page FEMAFOOT via Facebook

Dans la soirée du samedi 20 janvier, les Aigles de Carthage et ceux du Mali ont fait match nul (1-1) à Korhogo dans le cadre de la 2e journée de la Coupe d’Afrique des Nations Côte d’Ivoire 2023. Malgré ce nul, les Maliens restent leaders du groupe E.

« On s’attend à une adversaire de très grande qualité et avec l’histoire qu’ils ont avec leurs palmarès et au niveau de leur football, ils sont jamais aussi dangereux que lorsque leur dos est contre le mur donc on s’attend à un match très disputé avec une très belle équipe en face demain », prédisait le sélectionneur malien, Éric Sékou Chelle, au cours d’une conférence de presse, quelques heures avant le coup d’envoi.

Entrés tout feu tout flamme en compétition en remportant leur première victoire (2-0) face aux Bafana Bafana d’Afrique du Sud, les Aigles du Mali n’ont pas confirmé leur performance face aux Tunisiens, qui s’étaient inclinés quelques jours auparavant devant la Namibie (0-1).

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Si les Maliens étaient les premiers à débloquer le compteur dès la 10e minute de jeu, les Tunisiens reviennent au score 10 minutes plus tard. Malgré des occasions de buts de part et d’autres, aucun des deux Aigles n’est parvenu à s’imposer.

L’ère « Chelle »


Dotée d’une attaque insaisissable et d’une défense infranchissable, l’équipe malienne fait plus ou moins figure de l’un des favoris incontestables pour le sacre continental cette année. Avec des jeunes footballeurs qui s’illustrent dans des championnats européens (Yves Bissouma et Hamari Traoré) et africains (Djigui Diarra et Aliou Dieng), l’équipe malienne est aussi le creuset de jeunes talents (Kamory et Mamadou Doumbia).

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Crédit : Femafoot Via Facebook / Kamory Doumbia élu Homme du match Tunisie-Mali CAN 2023

L’arrivée de l’ancien défenseur de l’équipe nationale, Éric Sékou Chelle, à la tête des Aigles en mai 2022, marque un renouveau pour l’équipe. Hormis la défaite (0-1 à l’extérieur) face à la Gambie lors de la 3e journée des éliminatoires de cette CAN, le Mali n’en a enregistré aucune autre (y compris les rencontres amicales et les qualif du mondial 2026). Au bout d’une campagne légendaire, ils ont terminé leader du groupe G avec 15 points (16 buts marqués contre 2 encaissés), devant la Gambie, le Congo et l’Ouganda.


En attendant leur dernière rencontre de phase de poules contre la Namibie, Yves Bissouma et ses coéquipiers consolident leur statut de poids lourd de la poule D. À deux journées de CAN, ils comptent une victoire, un match nul, 4 points, 3 buts marqués et un but encaissé. Auteur de l’unique but malien contre la Tunisie, l’attaquant de l’AJ Auxerre, Lassine Sinayoko, comptabilise déjà deux buts dans cette CAN.

De l’autre côté, la Tunisie, qui n’a qu’un point et un but en deux rencontres, a son destin en main. Pour décrocher une place en huitièmes de finale, elle doit impérativement battre l’Afrique du Sud lors de la dernière journée.

Quatre CAN, 0 victoire


Lors de la dernière édition, qui s’est déroulée en 2022 au Cameroun, le Mali avait manqué in-extremis son billet pour les quarts de finale, face à la Guinée équatoriale. Cette surprenante déroute intervenait après sa victoire (1-0) sur la même équipe de Tunisie, qui avait été éliminée à la phase de poules.
En guise de revanche, la Tunisie avait éliminé le Mali lors des qualifications au mondial du Qatar 2022, grâce à sa victoire 1-0 au stade du 26 mars de Bamako. Sur 13 rencontres disputées, on dénombre désormais 6 victoires tunisiennes contre 4 maliennes et 3 matchs nuls.

Certes les Aigles de Carthage détiennent la plus large victoire (4-2, match amical en 2011) et conservent leur supériorité sur l’ensemble des rencontres, mais ceux du Mali renversent la tendance à la CAN. En quatre confrontations, le Mali a remporté deux (1994 et 2021) contre deux matchs nuls (2019 et 2023). En d’autres termes, la Tunisie n’a jamais battu le Mali à la CAN !


Mon Père, ma première source d’inspiration


Crédit : Khaled Mohamed

De l’école coranique à l’école publique, de l’eau a passé sous le pont. Le temps, les hommes… les réalités changent. Mon père indélébile à jamais.

« Jimi Hendrix, c’est l’artiste qui m’inspirait quand j’étais lycéen. Amoureux du jazz, j’avais mûri le rêve de ressembler ce génie qui jouait la guitare avec les dents. »

« Du rêve d’adolescent, j’ai acheté une guitare de seconde main auprès d’un ami, élève au conservatoire, avec la moitié de ma bourse. Selon le mythe de l’époque, les meilleurs guitaristes trouvent leur don en jouant seul pendant les heures reculées de la nuit, où ils rencontrent des esprits qui leur transmettent l’art de la bonne sonorité. »

Destin d’un Baron

« L’ambition de devenir une étoile au cœur, j’ai décidé un jour de gratter les cordons dans les heures avancées de la nuit. Plus la nuit avançait, plus l’envie de jouer démangeait mes doigts. »

« Soudain, je vois un silhouette qui vient de derrière. Le son de l’instrument devenant plus doux à mesure que l’ombre du mystérieux visiteur s’approche et me couvre, je me dis que le jinn tant attendu arrive afin. Aussitôt, je vois ma guitare arrachée de force de mes mains. »

« Je reconnais à peine le visage de mon père qu’il jette aussitôt l’instrument par terre et l’écrase sous les pieds. « Je t’ai envoyé à l’école pour apprendre et non pas pour jouer la musique », vocifere-t-il. Depuis ce jour, je n’ai plus joué la guitare. »

Cette histoire n’est pas la mienne. Elle m’a été racontée par mon mentor. Le destin d’artiste perdu, mon maître spirituel regrette aujourd’hui que son défunt père ne soit pas témoin de sa réussite scolaire.

Devenu un confident avec qui je partage mes souvenirs et ambitions, cette « Plume malienne » fut le premier à me faire aimer l’écriture par son affection. Mais je dois dire que ma première source d’inspiration est mon père.

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Tout se transforme, rien ne se perd

Un peu comme le Baron, mon père ne voulait pas que j’aille à l’école publique. Brillantissime à l’école islamique, une carrière de prêcheur et maître religieux était tout tracée pour moi. Plusieurs de ses frères et cousins ayant été remplacés lorsqu’ils étaient recrutés à l’école publique ou dans l’armée, mon inscription n’était pas un scénario à rêver auprès de mon père.

Même s’il a voulu que Mohamed figure sur mes documents officiels, mon père m’appelait affectueusement Khaled (signifiant perséverant et durable en arabe). Comme beaucoup d’autres enfants de cette partie du Sahel où religion et tradition sont à peine séparables, j’ai porté un double prénom à la naissance. L’affection paternelle est passée par là.

Un grand-père, un frère, un complice, il était tout à la fois, le premier à croire en moi. Magré l’écart d’âge, le septuagénaire et moi entretenions un amour réciproque fondé sur la compréhension et l’empathie. Grand de taille, teint clair et souriant, mon père était un bel et solide homme âgé qui attirait plus d’un interlocuteur.

Autant, il était fier de mes résultats scolaires, mieux la préservation de l’héritage familial lui tenait à cœur. La nuit, après le repas du soir, le fervent musulman prenait du plaisir à écouter le récit des versets coraniques, les hadith et le tariq (histoire musulmane).

Conscient du spectre d’acculturation qui planait, Le Vieux avait mille et une raisons pour me barrer la route de l’école. Mais il était de ces rarissimes patriarches qui ont su s’adapter aux réalités de notre époque.

L’école étant une voie sûre pour s’émanciper dans la société moderne, il avait enfin accepté que j’y aille. Même s’il avait prédit que je devrai me battre seul plus tard pour réussir.

Du roseau au stylo, de la planchette à la tablette, de l’égrènement du chapelet au bruit du clavier… tout un monde semble effondré. Mais peu importe le nombre des années, mon cœur bat toujours pour mes racines. Les bellissimes décors et calligraphies du Livre Saint retracent naturellement le berceau de mon enfance, la fine fleur de ma vie d’adolescent. Rien ne se perd. Tout se transforme.

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Mondial U-17 : le Mali sort avec honneur

Seul représentant africain en demi-finale, le Mali s’est incliné devant la France ce mardi 28 novembre. L’élimination des « Aiglonnets » de la Coupe du monde des moins de 17 ans 2023 en Indonésie intervient au bout d’une belle aventure.

Crédit : Wikicommons

Depuis leur courte défaite (0-1) lors de la deuxième journée face à l’Espagne, les Aiglonnets du Mali sont revenus tout feu, tout flamme. Sans le redoutable buteur Mamadou Doumbia (suspendu face à l’Espagne), auteur du triplé lors de la rencontre inaugurale de la compétition face à l’Ouzbékistan, les protégés de Soumaïla Coulibaly ont renoué avec les victoires.

Revanchard

Impitoyables face au Canada (5-1) lors de la 3e journée, ils pulvérisent le Mexique (5-0) en 8e de finale. En quarts de finale, le Mali croise le chemin du Maroc. Cette même équipe qui l’a éliminé (aux tirs au but) quelques mois plus tôt en demi-finale de la Coupe d’Afrique en Algérie.

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Revanchard face au Maroc (1-0), le Mali devient le seul représentant africain en demi-finale. Dotée d’une attaque de feu, l’équipe a forcé l’admiration ces dernières semaines. Avec au total 14 buts marqués contre 2 encaissés, elle est l’une des meilleures attaques.

Auréolé de cette performance, les Aiglonnets devaient déjouer les pronostics face aux tombeurs du champion d’Afrique en titre (Sénégal). En effet, l’invincible équipe de France n’avait jusqu’ici encaissé le moindre but depuis le début de la compétition.

Dominateurs mais vaincus

En ouvrant le score dans le temps additionnel de la première période, le Mali devient la première équipe à avoir violé la cage française. Mais de retour des vestiaires, les Bleuets renversent aussitôt la tendance.

Message de soutien de la Fema / Credit : Femafoot via Facebook

Tout a basculé à la 54e minute, lorsque Souleymane Sanogo a lancé un tacle à quelques mètres de la surface de réparation malienne. Le défenseur malien expulsé, les Bleuets remontent l’unique but sur le coup de pied arrêté.

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Réduits à 10, les maliens continuent de se faire peur. Malgré l’entrée en jeu de Mamadou Doumbia, ce sont les français qui doublent la mise à la 69e minute sur un coup franc direct aux abords de la surface. Dominateurs en terme de possession de balle (54% contre 46%), les Aiglonnets tenteront de revenir au score, en vain.

Credit : Femafoot via Facebook

Seule nation double championne d’Afrique d’affilée (2015-2017) dans cette catégorie, le Mali avait atteint la finale de la Coupe du monde U-17 pour la première fois en 2015. Brillantissime tout au long de la compétition, les Aiglonnets avaient perdu la finale face au Nigeria (0-2).

Sorti, en demi-finale du mondial 2023 avec honneur, les U-17 maliens avaient encore à affronter les Argentins dans une petite finale, vendredi. En inscrivant 3 buts et sans en encaisser, les Aiglonnets se consolent en héritant de la troisième place de cette Coupe du monde.


Kidal reconquis : Assimi Goïta redore le « treillis »

Trois années après la démission du défunt président Ibrahim Boubacar Keita, deux années après celle de Bah N’daw et moins d’un mois après le lancement de l’opération de reconquête, le chef de la transition et ses « camarades » ont brisé comme un plafond de verre le mythe de la ville infranchissable. La libération de la 8e région administrative resuscite la Fierté malienne

Crédit : Wikicommons

Explosion de joie dans la capitale malienne. A Bamako et dans plusieurs autres villes, des foules en liesse ont pris d’assaut les rues pour célébrer la libération de la cité des Ifoghas. Longtemps considérée comme bastion de la rébellion, la ville de Kidal est enfin de retour dans le giron malien.


Comme on s’y attendait depuis plusieurs semaines, les Forces armées maliennes ont débusqué le dernier nid de la rébellion ce mardi 14 novembre 2023. En chassant le dernier séparatiste du territoire, les FAMa lavent l’affront de plus d’une décennie.

Coopération russe

Depuis les affrontements de 2012 et de 2014, le Mali avait perdu le contrôle d’une bonne partie de cette région stratégique frontalière d’Algérie. En proie au manque de services sociaux de l’Etat, les terroristes sont légion dans la ville devenue capitale d’une pseudo république d’Azawad.

Entrée de Kidal / Crédit : Alicroche via Wikicommons

La présence des forces de maintien de paix des Nations-unies, la signature de l’accord pour la paix en 2015 et la mise en place d’une armée reconstituée (composée des centaines de soldats maliens et des éléments de la Coordination des mouvements de l’Azawad) ne mettent pas fin aux hostilités. Avec son corollaire d’attaques ciblées, la présence des groupes armés a favorisé l’émergence d’une insécurité grandissante à travers le pays.

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Pour casser cette spirale, les nouvelles autorités ont renoué un partenariat efficace avec la Russie de Vladimir Poutine qui assure la formation et la fourniture des équipements militaires. En plus des recrutements massifs dans les rangs des forces de défense et de sécurité, l’acquisition des avions de combat, des drones et engins terrestres, le Mali contrôle son espace aérien. De quoi exacerber le quiproquo avec Paris qui dénonce la présence du groupe privé russe Wagner.

Assimi Goïta / Crédit : Président de la Russie, Kremlin via Wikicommons

« Les cœurs vibrent de confiance »


Le retrait immédiat des forces françaises de l’opération Barkhane et des casques bleus de l’ONU coïncide avec la reconquête de plusieurs localités sous contrôle des groupes armés depuis 2012. Face aux centaines de soldats aguerris, suréquipés et prêts à en découdre à tout moment, les assaillants ont plutôt préféré prendre la poudre d’escampette, laissant le champ libre aux FAMa qui traversent triomphalement les artères de Kidal.

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De la flamme de la victoire, jaillit la lueur d’espoir d’un peuple meurtri d’une guerre ambiguë. Touareg, Peul, Arabe, Bambara et autres communautés de la riche diversité malienne exultent au vent du « Vert-jaune-rouge » qui flotte partout.


Rentré à jamais dans la légende des héros, le colonel Assimi Goïta a brisé le mythe de la ville infranchissable et redoré le blason de ceux et celles qui se battent depuis des années pour le recouvrement de notre intégrité territoriale. Contre vents et marées, « les cœurs vibrent de confiance ».


Malikoura : le front social en attente

Crédit : depositphotos

« L’espoir est permis ! », concluait le colonel Assimi Goïta. C’était un certain 7 juin 2021 au centre international de conférence de Bamako, jour de son investiture en tant que président de la transition. En prenant les rênes du pouvoir, le président de l’ex CNSP avait sans doute un ou plusieurs secteurs prioritaires.

« L’arbre de victoires des FAMa ne doit pas cacher la forêt des souffrances des Maliens »


En ce mois de décembre 2022, le soleil se fixe dans un ciel gris de l’aéroport international Modibo Keita. Béret vert sur la tête, celui qui receptionne les équipements militaires russes revoit ses troupes à un pas maréchale. Marquant le rythme de la fanfare, l’image du chef de la transition laisse place à celle d’un lion enragé qui guette sa proie.

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La proie du colonel Assimi Goïta ? L’insécurité grandissante qui perdure depuis plus d’une décennie. Et les mois qui suivent, la coopération avec le Kremlin porte ses fruits avec une avancée significative des forces armées maliennes vers Kidal. De quoi consolider la légitimité du pouvoir militaire auprès des populations, dans les villes comme en campagne.


Qu’à cela ne tienne, l’arbre de victoires des FAMa ne doit pas cacher la forêt des souffrances des Maliens. L’augmentation des prix des denrées et du carburant sur le marché, les délestages électriques intempestifs et surtout les irrégularités financières dans la sphère publique rappellent tristement les vieilles habitudes. La dernière sortie de la ministre en charge de l’Énergie sur l’ORTM a fait taire les commentaires et soutiens aveugles qui fusent sur la Toile.

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Crédit : depositphotos


« Nous avons regretté d’avoir voté au référendum », fulminait une auditrice l’autre jour sur les ondes d’une radio privée de la place. D’après elle, ils seraient de nombreux citoyens à qui on avait fait croire à l’avènement d’un Malikoura (Mali nouveau en bamabara) par l’adoption d’une nouvelle Constitution. Un mirage pour le panier de la ménagère ?


Quoiqu’il en soit, l’ancien commandant d’opérations est toujours attendu sur le front social. En jouant la carte du dialogue et de l’inclusivité, y compris avec la classe politique et la société civile, Assimi Goïta pourra bénéficier des pistes favorables pour affronter la vie chère et ouvrir enfin la voie à une nouvelle démocratie apaisée et profitable à tous. Avec la volonté, l’espoir est permis !


CAF Awards 2023 : Djigui Diarra et Yves Bissouma, les deux Aigles en lice


Après une saison époustouflante, avec le FC Séville en Espagne, le malien Frédéric Kanouté, devient le premier Aigle Ballon d’or africain en 2008, depuis Salif Keita en 1970.

Plus d’une année après l’édition 2022, la cérémonie annuelle de récompenses du football africain aura lieu le 11 décembre prochain dans la ville marocaine de Marrakech. Dans trois catégories, le portier des Young Africans et le milieu de terrain de Tottenham sont nominés.

C’est une première depuis 1970. A l’occasion de la cérémonie annuelle CAF Awards de cette année, l’instance dirigeante du football africain remettra un trophée au meilleur gardien du continent.


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En lice pour cette première récompense, le portier malien Djigui Diarra est en même temps parmi les dix nominés pour le trophée du joueur interclubs. Ancien capitaine du Stade malien de Bamako, la star du club tanzanien Young Africans est accompagné de son compatriote Yves Bissouma, nominé dans la catégorie joueur africain de l’année.


Ascension sénégalaise


Considéré comme la plus prestigieuse de la cérémonie, la catégorie joueur africain enregistre 30 nominations. Pendant que vingt autres footballeurs sont en lice pour le joueur interclubs. Pour les trophées de meilleur entraîneur, meilleure équipe nationale, meilleur club, meilleur jeune joueur de l’année (moins de 21 ans), et meilleur gardien de but de l’année, dix joueurs sont nominés dans chaque catégorie.

Revenant sur les critères de nomination, la Confédération africaine de football a précisé que les footballeurs ont été désignés à l’issue des votes d’un panel d’experts techniques de la CAF, des professionnels des médias, des entraineurs et capitaines des associations membres et des clubs impliqués dans les phases de groupe des compétitions interclubs de l’institution.

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Toujours selon la CAF, les lauréats seront récompensés pour les performances réalisées sur la période allant de novembre 2022 à septembre 2023.
Pour rappel, la dernière édition des CAF awards s’est déroulé en juillet 2022 à Rabat (Maroc). Soirée au cours de laquelle le Sénégal s’était taillée la part du gâteau.

Vainqueurs de la Coupe d’Afrique des nations Cameroun 2021, les Lions avait remporté les trophées du joueur africain (Sadio Mané), de l’entraîneur (Aliou Cissé) du jeune joueur (Pape Matar Sarr) et de la meilleure équipe de l’année.


Disparition d’une légende


Pour succéder à l’attaquant sénégalais, Sadio Mané, sacré joueur africain à l’époque, le nigerian Victor Osimhen et l’algérien Riyad Mahrez partent pour être des grands favoris. Après sa belle campagne lors de la coupe du monde Qatar 2022, le marocain Walid Regragui (demi-finaliste) a des bonnes chances pour remporter le trophée de l’entraîneur de l’année.


Chez les dames, la nigeriane Asisat Oshoala (5 fois lauréate) est parmi les plus favorites. Pendant que quatre sénégalais, Lamine Camara, Papa Amadou Diallo, Pape Diop et Amara Diouf sont nominés pour le trophée du jeune joueur, Al Ahly d’Égypte du malien Aliou Dieng (nominé dans la catégorie jeune joueur l’année dernière) ambitionne le prix du meilleur club.


Par ailleurs, cette cérémonie intervient quelques mois après la disparition de Salif Keita, lauréat du premier trophée de meilleur joueur africain décerné en 1970. Âgé de 76 ans, la légende malienne a tiré sa révérence le 2 septembre dernier à Bamako.


Opération Barkhane : autopsie d’une mésaventure française au Mali

De Bamako à Niamey, en passant par Paris et Washington, où la diaspora ouest-africaine est importante, des jeunes manifestants prennent d’assaut les rues pour soutenir les transitions militaires. À côté des portraits des « sauveurs » du jour et les déclarations hostiles à l’Occident, le drapeau russe est au centre des attentions.

Manifestations en soutien au régime militaire de Bamako
Manifestations en soutien aux militaires de Bamako / VOA Bambara via Wikicommons

Comme pour célébrer la fin de l’archaïque françafrique, nombreux sont ceux qui se plaisent à scander ce qui ressemble au tricolore désordonné et renversé. Même si en réalité, peu d’entre eux savent à peine situer le pays de Vladimir Poutine sur la carte.

Interrogations et inquiétudes


Au Mali, les relations avec l’ancienne puissance colonisatrice sont plus que jamais glaciales. En plus de la suspension de la compagnie aérienne Air France, de Radio France Internationale (RFI) et de la télévision France 24, l’interdiction des ONG recevant l’aide du gouvernement français, le renvoie de l’ambassadeur français…, le retrait immédiat des soldats français de l’opération Barkhane est un signal fort de la rupture.


Entamée en 2012, l’opération Serval, ancêtre de Barkhane, intervint dans un contexte sécuritaire difficile. En plus d’une nouvelle rébellion, récurrente depuis la première décennie de son indépendance, et un coup d’État militaire, qui avait renversé le président Amadou Toumani Touré, le pays faisait face au manque d’équipements militaires.

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Saluée par une partie de la classe politique, l’intervention française, avait en même temps nourri des interrogations et des inquiétudes au sein de l’opinion publique. Craignant un scénario à l’afghane, des observateurs n’hésitaient pas à évoquer une éventuelle volonté de Paris d’installer durablement ses troupes dans le pays. Comme c’était déjà le cas au Niger, au Tchad et en Côte d’Ivoire.
Pendant ce temps, une émission de la chaîne France 2 fait tache à Paris. À travers une grande enquête, le magazine « Cellule de crise » montre des intervenants qui témoignent d’une pression que la France aurait exercée sur les autorités maliennes de l’époque en vue d’obtenir de façon immédiate une intervention militaire.

Via Wikicommons

« On leur donne les termes de la lettre qui nous conviendrait », se souvient encore Laurent Bigot, sous directeur au ministère des Affaires étrangères de la France. « Puis on leur demande de nous refaire une lettre dans la même journée où le Mali demande le soutien militaire de la France. » Il s’agit notamment d’une correspondance dans laquelle Koulouba (présidence malienne) sollicite le soutien aérien de l’armée française face à l’avancée des assaillants qui s’approchent de la capitale.

Dernière ligne droite


En participant à la libération de plusieurs villes maliennes tombées dans les mains des envahisseurs, l’opération française ne permettra pas à l’armée malienne de reprendre ses positions à Kidal. Le temps pour les rebelles de sortir des entrailles chaudes et humides des grottes, où ils étaient cachés, quand les adeptes de la charia faisaient la pluie et le beau temps en ville, pour exhiber leurs nouveaux pick-up, armes et munitions dans les médias français.

Outre cette posture, le déploiement des soldats français coïncide avec la montée en puissance des troupes rebelles et terroristes. Les uns qui jubilent avec un nouveau drapeau, les autres qui mènent des attaques meurtrières, faisant du septentrion malien un no man’s land où germe la semence de la terreur.

Soldats de l’opération Barkhane / France 3 Grand Est via Wikicommons


En 2014, une année, après l’élection du défunt président Ibrahim Boubacar Keita, le Premier ministre Moussa Mara et sa délégation, sont visés par une attaque ciblée au gouvernorat de Kidal. Au bout d’intenses combats, mêlant des forces de défense maliennes et des assaillants lourdement armés, les séparatistes prirent le contrôle de plusieurs localités.

Malgré la signature de l’Accord pour la paix et la réconciliation en 2015, les hostilités vont s’élargir et atteindre la région de Mopti, où agriculteurs et pasteurs vivent ensemble une cohésion séculaire. Des attaques incessantes qui visent aussi bien les militaires que les paisibles paysans qui ne parviennent plus à vaquer leurs occupations en milieu rural, émerge une insécurité grandissante qui sévit jusqu’aux portes de Bamako.

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Dans un contexte de reconstruction des Forces armées et de sécurité maliennes (acquisition des nouveaux équipements, formations et recrutements dans les corps armés), les nouvelles autorités ont enfin décidé de mener la danse avec la Russie. Passé le retrait des forces occidentales (Barkhane et Takuba), le plan de reconquête, tant attendue, de Kidal est désormais actif.

Aux dernières nouvelles, les FAMa avancent à pas de géant vers la fameuse Cité des ifoghas. C’est la dernière ligne droite, après le retour définitif et total de Tessalit et d’Anefis dans le giron malien, deux localités situées à quelques dizaines de kilomètres de Kidal.

Khaled


Mali : jusqu’où ira la crise énergétique ?

Alorsque des indignations sévissent sur les réseaux sociaux et dans les rues, la ministre en charge de l’énergie et de l’eau, Mme Bintou Camara, a récemment levé le voile sur des irrégularités financières et du détournement de gasoil, impactant l’approvisionnement en électricité.

A Bamako, la capitale, et dans plusieurs autres villes maliennes, les délestages électriques sont devenus monnaie courante. Affectant de manière significative la vie quotidienne du malien lambda, ils touchent aussi bien les ménages que les entreprises et les services publics et privés.

Au moment où la toile s’enflamme, la ministre de l’Énergie, Mme Bintou Camara, est intervenue lors d’une émission diffusée le mardi 24 octobre 2023 sur l’ORTM (Office de Radio Télévision du Mali). Citant les causes des detestages intempestifs, sa déclaration a été marquée par des révélations fracassantes.

Les coupures de courant se multiplient au Mali, notamment dans la capitale, Bamabo.
Photo d’OUSMANE MAKAVELI / AFP

Plus de 10 milliards de F CFA dans la nature

Sur le plateau de l’ORTM, la ministre de l’Énergie a annoncé la disparition soudaine de 59 citernes destinées à l’approvisionnement en gasoil des centres émetteurs de l’EDM (Énergie du Mali, la société en charge de l’approvisionnement électrique), en l’espace d’une semaine.

Crédit : istockphotos

« Nous ne pouvons pas ignorer ces problèmes internes qui entravent notre capacité à fournir de l’électricité de manière fiable à nos concitoyens. », reconnait-elle. Toujours, selon Mme Camara plus de dix milliards de Francs CFA seraient détournés en moins d’une année.

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Elections au Mali : vers le scénario du dromadaire-chameau ?

Vrombissement des générateurs électrogènes

« Nous allons nettoyer l’EDM de ses agents véreux.« , prévient-elle. Même si des détails concernant les présumés coupables et les sanctions à envisager restent en attente. A quand la suite des actions à entreprendre ?

« À partir de demain (mercredi), annonçait Mme Camara dans la nuit du mardi, il y aura moins de délestages. » Malgré cette promesse, les délestages continuent, hélas, d’engendrer un contraste saisissant entre le vrombissement des générateurs électrogènes des plus aisés et l’obscurité qui prévaut pour les moins nantis.

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Pour rappel, de nombreux agents de l’EDM de Kolokani (environ 130 km de Bamako), ont été arrêtés quelques mois plus tôt. Reprochés de vol du gasoil destiné à la centrale de cette localité, le présumé coupable et ses complices sont arrêtés et mis sous mandat de dépôt.


CAN 2023 : Le Mali croise le chemin de la Tunisie, de l’Afrique du Sud et de la Namibie

Qualifiés avec brio pour leur neuvième CAN (Coupe d’Afrique des nations) consécutive, les Aigles du Mali attendaient depuis plusieurs semaines le tirage au sort pour connaître leurs adversaires de poule. C’est désormais chose faite !

A la faveur d’une cérémonie solennelle qui a enregistré la présence des officiels de la Confédération africaine de football en terre ivoirienne, les 24 prétendants connaissent désormais leurs adversaires des 1ère, 2e et 3e journées. Suivant la formule de la dernière édition qui s’est déroulé au Cameroun, les équipes qualifiées sont réparties entre six poules qui regroupe chacune quatre nations.

Poule de la mort

Organisée en terre ivoirienne, cette 34e Coupe d’Afrique des nations aura lieu du 13 janvier au 11 février 2024. En plus du pays organisateur, la Côte d’Ivoire, le champion (Sénégal) et le vice-champion en titre (Egypte), plusieurs autres poids lourds du football africain (comme le Maroc, le Ghana, l’Algérie et le Nigeria) y prendront part.
Considérée comme la poule de la mort, la poule C met aux prises le Sénégal, le Cameroun, la Guinée et la Gambie (la seule équipe qui a battu jusqu’ici le Mali d’Éric Sékou Chelle).

Dans la poule E, le Mali croisera le chemin de la Tunisie, l’Afrique du Sud et la Namibie. Les équipes de la poule E joueront leurs premières rencontres dans la ville de Korhogo, non loin de la frontière malienne.

Mali-Ouganda

En attendant le coup d’envoi de la CAN, les équipes qualifiées participent à des rencontres préparatives. Dans le cadre de ces rencontres, l’équipe du Mali jouait dans la soirée du vendredi 13 octobre contre les Cranes d’Ouganda (non qualifié à la prochaine CAN).

Face à une belle équipe ougandaise, les maliens sont parvenu à garder leur cage inviolée. Malgré la resistance de l’équipe adverse, les Aigles s’offrent enfin la victoire (1-0), grâce un penalty obtenu à la 75e minutes de jeu. Il sera transformé par Lassine Sinayoko.


Après cette courte victoire, ils s’envolent pour Portugal où ils doivent croiser le fer avec l’Arabie saoudite le 17 octobre prochain, dans le cadre de leur deuxième match amical. Un dernier test avant la CAN pour les poulains d’Éric Sékou Chelle qui n’ont pas enregistré la moindre défaite depuis la 3e journée des éliminatoires l’an dernier.
Par ailleurs, la blessure d’Ibrahima Koné, qui a quitté ses coéquipiers à la première période de la rencontre du vendredi a nourri des commentaires dans le vestiaire malien. Aux dernières nouvelles le meilleur buteur malien de la CAN 2021, devrait attendre plusieurs mois avant de rejoindre la pelouse.